Incendies de forêts en France : quel impact réel pour l'investissement en GFI ?
Été 2026 : plus de 40 000 hectares déjà partis en fumée en France. Faut-il craindre pour son investissement forestier ? Analyse chiffrée des risques, des mesures de prévention et de la couverture assurantielle des Groupements Forestiers d'Investissement.

L'été 2026 a été marqué par de nouvelles canicules record et par des incendies spectaculaires, à l'image du feu qui a traversé plus de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau en juillet. Au 15 juillet, plus de 40 000 hectares avaient déjà brûlé en France pour plus de 11 000 départs de feu.
Pour un épargnant qui envisage d'investir dans un Groupement Forestier d'Investissement (GFI), la question est légitime : ce risque climatique remet-il en cause la logique patrimoniale de l'investissement forestier ? Les données publiques et l'expérience des sociétés de gestion permettent d'y répondre sans dramatiser ni minimiser.
Un risque bien réel, mais structurellement en baisse
La France compte plus de 17 millions d'hectares de forêts. Rapportées à cette surface, les 40 000 hectares brûlés à mi-juillet 2026 représentent environ 0,24 % du couvert forestier national - un chiffre comparable à l'année 2022, marquée par les grands incendies de Gironde.
Sur les quarante dernières années, la tendance est nettement à la baisse, en particulier dans le bassin méditerranéen historiquement le plus exposé. Là où les années 1980-1990 pouvaient voir 50 000 à 75 000 hectares brûler chaque été, les moyennes des années 2010-2020 s'établissent autour de 10 000 à 20 000 hectares (source EFFIS, Système européen d'information sur les incendies de forêt, 2023).
Cette diminution structurelle s'explique par la montée en puissance des moyens de lutte : pistes DFCI, réserves d'eau, obligations légales de débroussaillement, cartographie fine des zones à risque, prévention grand public et flotte aérienne (Canadair, Dash). Ces dispositifs, éprouvés sur le pourtour méditerranéen, ont vocation à être déployés sur l'ensemble du territoire à mesure que le climat évolue.
9 incendies sur 10 sont d'origine humaine
Contrairement à une intuition répandue, la foudre et les causes strictement naturelles ne représentent qu'une minorité des départs de feu. Selon les données publiées par l'IGN et le Ministère de l'Agriculture (BDIFF), la répartition des causes connues d'incendies de forêt en 2025 est la suivante :
| Cause du départ de feu | Part des incendies (causes connues) |
|---|---|
| Naturelle (foudre) | 12 % |
| Accidentelle | 19 % |
| Malveillance | 30 % |
| Involontaire - travaux professionnels | 20 % |
| Involontaire - imprudence de particuliers | 19 % |
Impact concret sur les portefeuilles de GFI
L'exemple le plus documenté est celui de France Valley, société de gestion agréée AMF (GP-14000035) qui gère plus de 70 000 hectares de forêts pour le compte de ses fonds. Sur l'ensemble du portefeuille, la surface incendiée cumulée depuis 2013 s'élève à 64 hectares, soit moins de 0,09 % de la surface totale gérée. À date, en 2026, aucune forêt gérée n'a été touchée par les incendies de l'été.
Ces ordres de grandeur sont à comparer à la perception médiatique du risque. Ils ne signifient pas qu'un incendie est impossible - ils rappellent que, sur un portefeuille diversifié géographiquement et par essence, l'impact statistique reste très inférieur à ce que la couverture médiatique laisse imaginer.

Une forêt gérée est une forêt moins vulnérable
Une gestion active réduit sensiblement l'exposition au feu. Les éclaircies diminuent la masse combustible sur pied, le débroussaillement casse la continuité du combustible au sol, et les pistes DFCI et pare-feux permettent aux secours d'accéder rapidement et de contenir la progression des flammes.
Les peuplements matures présentent par ailleurs un profil de risque plus modéré : les gros bois (diamètre supérieur à 20 cm) résistent mieux à la chaleur et, même en cas d'incendie, conservent souvent une valeur commerciale, comme l'ont montré les ventes post-incendie des Landes en 2022. Les jeunes plantations, à l'inverse, restent les plus vulnérables et méritent une couverture assurantielle renforcée.
Bon à savoir : les feuillus (chênes, hêtres) sont généralement moins sensibles que les résineux. Un portefeuille équilibré entre essences et régions constitue un premier niveau de protection avant même l'assurance.
Assurance et label bas carbone : le double filet de sécurité
Un chiffre à connaître : près de 90 % des propriétaires forestiers français ne sont pas assurés. Les GFI institutionnels font au contraire figure d'exception. Chez France Valley, chaque forêt fait l'objet, avant acquisition, d'un audit qui détermine le taux de couverture : zone géographique, essences, maturité des peuplements.
Le taux de couverture varie ainsi de 10 % à 100 % de la valeur des peuplements, avec une moyenne autour de 30 % - un niveau calibré pour être supportable par le rendement forestier. Pour le GFI France Valley Patrimoine, le coût annuel de l'assurance représente environ 0,20 % de la valeur du patrimoine en valeur d'acquisition.
En complément, les plantations post-incendie sont désormais éligibles au Label Bas Carbone du Ministère de la Transition écologique. Les crédits carbone générés viennent s'ajouter aux indemnisations d'assurance, améliorant l'économie de la reconstitution.
Ce qu'il faut retenir avant d'investir
L'incendie est un risque documenté, mais il ne doit pas être surestimé au regard des chiffres réels : moins de 0,25 % du couvert forestier national brûle chaque année, et les portefeuilles institutionnels bien gérés affichent des taux de sinistre inférieurs à 0,1 %.
Trois critères permettent d'objectiver le risque au moment de choisir un GFI : la diversification géographique et par essence du portefeuille, la qualité de la gestion (certifications PEFC, Plan Simple de Gestion, éclaircies régulières), et le niveau de couverture assurantielle appliqué aux peuplements les plus sensibles.
Pour approfondir le sujet, notre analyse détaillée des dispositifs fiscaux applicables aux GFI complète utilement cette lecture, tout comme la présentation générale de l'investissement forestier français.
